ATELIER d'ECRITURE
20260622- Exercice 2
Consigne : dérision/autodérision
Texte choisi : "des filles comme il faut" de Nadia DAAM, autodérision sur une scène au présent.
(Alternative : les agissements de l'autre avec ironie, scène au passé)
Aujourd'hui, je m'envole avec Ralph…
Voilà, je me suis installée confortablement sur le siège avant. Je fanfaronne, puisque j'ai déjà goûté à l'ivresse de l'altitude. Une voix, pourtant, me claironne : « Déclare forfait ! Tu ne vas pas y arriver ! » En effet, je me demande dans quelle galère je me suis embarquée. Mais je n'ai plus le choix, il me faut y aller. Ne pas perdre la face… Le courage, ce n'est pas mon fort. J'ai la bouche sèche, avec la sensation que ma langue va tripler de volume sous mon palais.
On démarre…
— Tu es prête, Agnès ?
Je bredouille un : « Oui… oui ! Super ! »
Zut, j'aurais dû me dégonfler comme une baudruche. Plus de recul, plus d'échappatoire. Je respire profondément pour repulper mon ego. Ralph, dans mon dos, sifflote, à l'aise et heureux de sa balade. Je me concentre sur ces quelques notes et tente de m'imaginer que je vais bien, que je suis forte.
Et c'est parti ! Trois cents chevaux aux fesses, direction le soleil pendant quelques secondes, juste assez pour me soulever le cœur… Je vais vomir…
— Respire, Agnès, regarde à gauche ! REGARDE À GAUCHE !
Je reçois l'instruction cinq sur cinq... mais, je n'arrive pas à comprendre ce que signifie « regarde à gauche ». L'accélération me tétanise. Je parviens péniblement à pencher la tête… Et là, je découvre le paysage : je domine les montagnes, le lac, les vallées, les forêts, les villages. Je n'ai pas le temps de m'extasier devant le minuscule Mont Blanc que l'avion pique vers le sol. Mon estomac se révulse.
— Respire, Agnès !
J'halète comme lors de mes accouchements. Mon petit-déjeuner est loin, mais les haut-le-cœur me tiraillent cruellement.
— Allez, Agnès, une voltige ?
— Euh….
L'avion effectue quelques tonneaux, puis remonte en piqué vers le soleil. Je me retrouve ensuite la tête en bas. C'est beau ! J'ai le coeur au bord des lèvres. C'est certain, avec autant d'accélérations en G positifs et en G négatifs, je vais mourir. Mes mains sont prises de spasmes. Je n'arrive pas à contrôler mes tremblements. Et toujours cette nausée. Mon corps n'est plus qu'une crispation. Il me faudra quatre jours pour m'en remettre.
L'avion touche de nouveau le plancher des vaches. Il me semble que ma balade a duré une bonne grosse heure… Dix minutes tout au plus pour d'autres.
En tout cas, ça m'a bien plu... Et j'aimerais bien recommencer…
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